Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) continuera à privilégier une attitude d'écoute permanente, de consultation impartiale, de dialogue démocratique et de traduction fidèle des aspirations légitimes et préoccupations des communautés marocaines à l'étranger, en propositions d'avis et de recommandations visant à y répondre adéquatement au niveau des politiques publiques marocaines de l'émigration, a affirmé le président du CCME, Driss El Yazami.
Intervenant à l'ouverture, vendredi à Rabat, de la première réunion de l'Assemble plénière du CCME, M. El Yazami a expliqué que "le corollaire d'une telle attitude d'écoute et d'implication ouverte et impartiales n'est autre que l'abstention scrupuleuse de toute ingérence tutélaire dans le dynamisme et l'activité propres des individus, des groupes, des associations et des réseaux composant ces communautés".
Se félicitant de l'initiative de S.M. le Roi Mohammed VI "qui a voulu faire de cette institution une marque nouvelle et innovante de l'attention toute spéciale que le Souverain ne cesse de porter aux Marocains du monde", le président du CCME a relevé que le Dahir portant création de ce Conseil "nous offre, tant dans son préambule que dans ses dispositions finales et transitoires, l'éclairage et l'assise juridique nécessaires pour aborder notre mission avec confiance, sérénité et compétence".
En tant qu'organe de réflexion collective à vocation consultative, a-t-il poursuivi, le Conseil ne peut que se distancer de tout alignement ou favoritisme susceptibles de biaiser son approche de la diversité et du pluralisme marquant les communautés marocaines de l'extérieur sur tous les plans, soulignant la nécessité de prendre en considération les évolutions marquantes de ces communautés, notamment en adoptant, de façon systématique et soutenue, une approche genre et une approche générationnelle visant, respectivement, à porter une attention particulière aux problèmes et aux aspirations spécifiques des femmes et des jeunes générations marocaines émigrées.
Il a, en outre, tenu à souligner que le CCME ne prétendra, ni en tant qu'organe collectif, ni en tant que membres individuels, être le représentant de l'administration marocaine auprès des communautés à l'étranger ni leur porte-parole auprès du gouvernement. "Notre rôle est de transformer l'apport précieux de leur écoute en objet de réflexion, d'analyse et de synthèse également éclairées par des recherches et des études scientifiques permettant d'élaborer des avis et des propositions aussi pertinentes que possible pour répondre à leurs attentes et à leurs intérêts légitimes autant qu'aux intérêts nationaux du pays", a-t-il dit.
Pour ce qui est des pouvoirs publics des pays de résidence, a-t-il poursuivi, leurs premiers interlocuteurs demeurent la diplomatie marocaine et les acteurs associatifs marocains dans ces pays. "Notre rôle, a-t-il fait remarquer, sera de contribuer par des idées nouvelles à développer l'action de ces acteurs et à en renforcer l'impact positif sur la situation notamment culturelle, juridique, administrative et sociale de notre population émigrée, tout particulièrement ses franges les plus vulnérables".
S'agissant de la participation organisée de cette population à la vie politique du pays, M. El Yazami a indiqué que le premier mandat du Conseil lui prescrit la double mission d'approfondir et de proposer une formule plus avancée de composition et d'organisation et une formule adéquate d'éligibilité et d'élection de nos compatriotes émigrés aux institutions représentatives de notre pays.
Il a, à cet égard, précisé qu'une étude comparative sur les droits politiques qu'accordent plusieurs pays de par le monde à leurs ressortissants émigrés, a déjà été lancée par le Conseil.
Par ailleurs, M. El Yazami a indiqué que les deux aspects fondamentaux et complémentaires de la philosophie d'action et de pensée du CCME sont le respect de tous les acteurs impliqués dans le domaine et le partenariat synergique avec toutes les potentialités mobilisables au service de nos communautés de l'étranger et du pays.
En effet, a-t-il affirmé, "autant notre conseil s'emploiera à assumer ses prérogatives expresses autant il s'obligera à respecter scrupuleusement celles des autres pouvoirs et acteurs nationaux concernés, à savoir autorités ministérielles, diplomatiques et consulaires, fondations et autres organismes publics et intervenants privés".
"Nous oeuvrerons à associer pouvoirs publics et acteurs privés nationaux à notre réflexion et nous rechercherons la mise en cohérence et la mise à niveau dûment concertées de l'ensemble des politiques publiques et des actions en direction de nos communautés émigrées à la lumière des nouvelles problématiques émergentes qu'elles vivent, dans les différents contextes du monde d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
Le Conseil a émergé d'un véritable marathon de consultations, de réflexions, de recherches et de débats sous toutes les formes imaginables, pratiquement une année durant, a rappelé M. El Yazami, soulignant que dans ce cadre, le CCME a organisé quatre séminaires thématiques qui ont rassemblé plus de 800 acteurs associatifs de l'émigration, dont des scientifiques, des professionnels de divers secteurs et des responsables religieux, tenu de nombreuses réunions ayant regroupé plus de 1500 Marocains du Monde et lancé un questionnaire administré par Internet et renseigné par plus de 500 répondants.
La banque de données et le patrimoine d'idées, de propositions et de préoccupations ainsi constitués, a-t-il fait observer, ont servi de base à la production du rapport du CCDH et de son avis consultatif sur les missions et la composition du Conseil ainsi que sur les problématiques émergentes et les lignes directrices des actions à prendre en charge par cette institution.
Tout cet acquis est bien conservé et demeure encore exploitable, autant qu'il appelle à la mise à jour et l'enrichissement continus, grâce au maintien et au développement, dans notre action immédiate et future, du même esprit fondateur, celui de la concertation et de la participation les plus larges et les plus démocratiques possibles, a-t-il conclu.
Les participants aux travaux de la première réunion de l'Assemblée générale du CCME se pencheront, deux jours durant, sur l'examen et l'adoption du programme d'action du Conseil au titre de l'exercice 2008-2009, ainsi que sur la discussion des projets de règlement intérieur et de budget 2008.
Le CCME signera, en outre, des conventions de partenariat avec plusieurs institutions académiques et culturelles.
Par La MAP